Les conseillers municipaux auchellois auront bien mérité un peu de repos après le houleux conseil municipal de lundi soir, le dernier avant les vacances.
Sujet d'accrochage récurrent, le versement de subventions aux associations. L'assemblée a approuvé le versement de 250 euros à l'association Bien-être des personnes âgées (qui fait de l'animation
auprès des aînés dans les foyers de vie ou maison de retraite) et 76 euros pour le démarrage d'Auchel Country Spirit. L'occasion pour Jean-Luc Lambert, de la liste Agir pour Auchel, de souligner
« le traitement injuste de certaines associations », appuyé avec virulence par son colistier Didier Rolin : « Depuis quelques années, vous avez sabré plusieurs associations sur Auchel. »
La socialiste Christelle Fauchet a ainsi souligné que l'Amicale laïque a vu sa subvention diminuer de deux tiers. « La section tennis de table n'a malheureusement plus les mêmes besoins
», a répondu le maire Richard Jarrett qui martèle : « On ne peut pas donner de l'argent aux associations les yeux fermés. » Et le premier adjoint Philibert Berrier d'argumenter : « Les
trésoriers doivent fournir un bilan comptable. Or, nous nous sommes rendus compte que certains bilans sont tronqués. Par ailleurs, la ville d'Auchel a une politique associative luxuriante. Toutes
les associations ont un local qui est entretenu par la ville, et nous allons désormais prendre en compte des éléments de fonctionnement comme l'électricité ou le nettoyage pour le calcul des
subventions. » Le premier adjoint a également rappelé que pour bénéficier des aides de la commune, il faut que les associations apportent quelque chose à la ville. « C'est vrai qu'il faut que les
associations présentent des comptes et des budgets prévisionnels. Mais il ne faut pas oublier la priorité, qui est d'accompagner le tissu associatif », a nuancé Maurice Distinguin, de la liste
L'Avenir ensemble autrement. « La municipalité est justement là pour accompagner et non se substituer. Nous sommes d'accord pour que les associations mettent en place de grands projets, mais
elles ne doivent pas ensuite envoyer la facture à la ville », a tranché le maire.
« Aujourd'hui, on n'a plus les moyens »
Une autre subvention a fait débat : le versement de 12 000 euros à l'association Solidarité envers les salariés de Faurecia. La délibération a été adoptée à l'unanimité, mais Maurice Distinguin a
interpellé le maire : « Vous dites que cette subvention serait déduite du budget communal, et plus particulièrement sur le feu d'artifice du 14 juillet. La vérité est que cette subvention sera
reversée par le Saziral sur ses fonds propres. » Richard Jarrett a répondu que « l'argent du Saziral provient des budgets municipaux » et qu'il s'attend « à faire face à de gros problèmes sociaux
» qui nécessitent des sacrifices : « Avant, on avait une autre politique ; aujourd'hui, on n'a plus les moyens. » Manque de moyens également mais du côté des forces de l'ordre.
Les élus
sont unanimes sur le nombre insuffisant de policiers au commissariat d'Auchel, mais pas sur la politique à mener par la ville. Maurice Distinguin s'est insurgé contre le « show sur
l'insécurité » qui a « empiré le sentiment de la population ». « Auchel a une population vieillissante et des personnes âgées ont peur. Elles ne peuvent même plus rentrer chez elle sans être
ennuyées dans leur cage d'escalier », a insisté le maire, qui a rappelé le « vide juridique » pour les plus jeunes et les arrêtés municipaux pris concernant la vente et la consommation d'alcool.
«
Avez-vous demandé des effectifs supplémentaires ? », s'est enquis Jean-Michel Rose. Le premier adjoint, ancien policier, a répondu : « La fusion des commissariats de Lillers et
Auchel devait porter les effectifs à 104 policiers, or on constate une baisse de 40% en deux ans et les policiers sont plus souvent à Lillers qu'à Auchel. » Le premier adjoint a évoqué la relance
du Contrat local de sécurité : « Il faut le réactiver car celui actuellement en place ne sert à rien », a expliqué le maire.
Pas de quoi convaincre Christelle Fauchet : « Vous avez fait
votre campagne sur l'insécurité, recruté des policiers municipaux... Les incivilités montent et on n'a pas de solution. »
Pierre VION
L'Avenir de l'artois