Hier soir, le symbole avait du sens. Peut-être parce que les sondages prédisent déjà, sinon une déroute identique, au moins un score en demi-teinte pour le PS. Rien d'étonnant alors à ce que
Catherine Génisson (1e secrétaire du Pas-de-Calais), Jean-Louis Cottigny (2e sur la liste PS), et même Martine Aubry, aient invoqué chacun à sa manière la geste mitterrandienne. « Mitterrand
était venu nous dire que ce ne sera jamais facile pour le monde du travail, qu'il faudra toujours nous battre », rappelle Jean-Louis Cottigny. Car se battre, c'est bien de cela qu'il s'agit,
« à 18 jours d'une élection historique », insiste quant à lui Gilles Pargneaux qui a fait le boulot pour la 1e secrétaire en tançant cette « Europe libérale en échec, qui nous a
entraînés dans une crise sociale sans précédent ». Et le patron de la fédé du Nord de garantir du changement si une majorité socialiste sortait des urnes. « Nous mettrons en oeuvre un
véritable plan de relance de 100 milliards d'euros, un salaire minimum européen, une politique industrielle. Nous protégerons les services publics... ». « Une Europe du bonheur »,
ose même Gilles Pargneaux. Et si le verdict était contraire ? « Ce sera la droite et le libéralisme ».
À la tribune, Martine Aubry reprend « la menace » au bond, agitant elle aussi le chiffon rouge en dressant le parallèle entre la politique de Nicolas Sarkozy et celle de Barroso, le
président de la Commission. « Si la majorité ne change pas au Parlement européen, la déréglementation va continuer comme avant », assène le maire de Lille, qui appelle au « vote
utile et efficace », posant le programme socialiste en ultime recours crédible. « Toutes les listes qui auront 8 à 10 % des voix n'auront aucun représentant. Ce serait voter pour
Sarkozy ». Une pierre dans le jardin de ceux qui seraient tentés par les extrêmes ou le MoDem et une piqûre de rappel pour les éventuels abstentionnistes