Empêchée de proposer des délibérations ou motion, coupée lors de ses interventions, l'opposition est exaspérée par l'attitude du maire et parle aujourd'hui d'Auchel comme d'une
« autocratie »
Les élus auchellois sont rentrés de vacances les batteries chargées à bloc et leurs premières retrouvailles ont été électriques jeudi soir dernier.
Au cours de l'été, les trois groupes d'opposition avaient demandé la démission de Laure Blaszczyk, adjointe à la jeunesse, après l'intervention d'un groupe d'évangélistes dans un centre de loisirs
d'Auchel ; l'opposition s'était scandalisée de ce qu'elle estime être une entorse à la laïcité. La demande de destitution a évidemment été rejetée avec véhémence par le maire Richard Jarrett qui
n'a pas manqué d'égratigner au passage votre hebdomadaire préféré, l'accusant de complaisance envers l'opposition. Plutôt que de sortir Mme Blaszczyk, le maire a installé un nouveau conseiller
municipal : Bertrand Vasseur, qui remplace Nelly Casarico, partie pour des raisons personnelles, aux côtés de Christelle Fauchet.
Une fois tout le monde installé, les débats pouvaient se poursuivre en suivant l'ordre du jour, et uniquement l'ordre du jour, le maire ayant refusé d'inscrire les motions présentées par
l'opposition, notamment contre la privatisation de la Poste, et excluant de la même manière toute question ou intervention jugée « hors sujet ». Un comportement qui exaspère de plus en
plus l'opposition qui, après avoir déploré à de nombreuses reprises l'absence de réunion des commissions municipales (ou du moins de ne pas y être invitée), estime que « le débat démocratique
est rompu », comme l'a souligné Jean-Michel Rose, alors que Maurice Distinguin n'hésite plus à parler aujourd'hui d'« autocratie ».
« On est vraiment tombé bien
bas »
Après avoir adopté le rapport annuel sur l'assainissement, l'assemblée a été invitée à étudier l'attribution de subventions aux associations : 4 000 euros pour l'US Auchelloise
nouvelle ; 76 euros pour le démarrage de l'association des parents d'élèves de l'école primaire Victor-Hugo ; 2 000 euros pour l'association Mémoire Tourisme Patrimoine ; 200
euros pour la société de chasse ; et 1 500 euros pour l'Union commerciale et artisanale nouvelle. Cette dernière subvention a donné l'occasion de s'exprimer à Didier Rolin, sans qu'il
soit jugé hors sujet : « L'UCAN est une association que vous avez mise en place vous-même. On va organiser un marché aux puces à la place de la foire commerciale. On est vraiment tombé
bien bas : plus de feux d'artifice, plus de concours des maisons fleuries et maintenant plus de foire ! » Avant de poursuivre : « Et qu'en est-il du FJEP et autres
associations ? » « Hors sujet ! », estime le maire qui passe au vote, au grand dam de Didier Rolin qui refuse d'y prendre part.
Les 12 000 euros pour les Faurecia
annulés
En revanche, Didier Rolin a savouré la délibération suivante : l'annulation à la demande de la préfecture de l'attribution de 12 000 euros à l'association Solidarité envers les salariés
de Faurecia Auchel. « J'avais voté contre cette subvention à l'époque car je savais qu'elle ne serait pas validée par la préfecture », a justifié le trublion de la liste Agir pour Auchel.
De son côté, Richard Jarrett a expliqué que la préfecture avait estimé que cette subvention ne répondait pas à « un intérêt public communal » et devait donc être annulée : « De
toute façon l'argent a déjà été distribué aux salariés. Nous allons avoir un trou de 12 000 euros mais qui était prévu. » Pour les socialistes et communistes, cette décision est
inacceptable, comme l'a détaillé Maurice Distinguin : « Ce conseil municipal a pris la décision politique de soutenir les salariés de Faurecia.
C'était un soutien financier, mais surtout moral. La subvention était illégale mais légitime. De plus, des recours pourraient pénaliser le président et le trésorier de l'association. Auchel n'aura
pas la même solidarité que les autres maires des communes du Saziral* qui ont refusé de voter cette délibération. » « Ici on respecte la loi », a martelé le maire avant de soumettre
la délibération au vote : les vingt-quatre membres de la majorité (y compris les anciens salariés de Faurecia) ont annulé la subvention ; les sept membres de l'opposition (y compris
Didier Rolin) ont voté contre.
Une bonne nouvelle a finalement satisfait tout le monde : l'aménagement d'un carrefour à feux tricolores sur le CD 183, à l'angle du boulevard de la Paix avec les rues de Belfort et du
Général-Leclercq. Les travaux, d'un montant de 100 000 euros, vont enfin pouvoir démarrer et une demande de subvention de 44 000 euros a été demandée au conseil général. « Cela fait
vingt ans que nous attendions. Notre ami René Hocq a fait mieux que nos prédécesseurs, quelle que soit leur étiquette politique d'ailleurs », a reconnu Richard Jarrett, prédécesseur sans
étiquette de René Hocq. Les quelques autres délibérations sont (presque) passées comme des lettres à la Poste, mais sans que soit évoquée la motion contre sa privatisation.
* 30 000 euros avaient été versés à l'association Solidarité envers les salariés de Faurecia, à l'initiative du Saziral. La somme a été rassemblée par les cinq communes du Saziral (Auchel,
Lillers, Burbure, Allouagne et Lozinghem). Auchel et Lillers ont contribué à hauteur de 12 000 euros chacune.
Pierre VION L'avenir de l'Artois
Derniers Commentaires